Extrait du Quotidien du Medecin
Réduction de l’activité et recettes en baisse
Les revenus des généralistes ont fortement chuté en 2004
Les médecins généralistes sont les grands perdants en matière de revenus de l’année 2004. En effet, selon les statistiques de l’Union nationale des associations agréées (Unasa), le bénéfice net des généralistes (avant impôts) aurait chuté de 5,2 % l’année dernière par rapport à 2003, alors que les spécialistes, mis à part les pédiatres, ont vu leurs revenus progresser, parfois dans des proportions non négligeables.
UNE RÉDUCTION d’activité et donc des recettes nettes qui baissent de 1,3 % en 2004 par rapport à 2003, ce qui se traduit au final par une chute du bénéfice avant impôts, donc du revenu de 5,2 % : tels sont les résultats
pour les généralistes des statistiques élaborées par l’Union nationale associations agréées (Unasa) et que s’est procuré « le Quotidien ».
Ces données ont été établies à partir des déclarations fiscales de médecins généralistes et spécialistes membres d’une association de gestion agrée (AGA), et adhérant à l’Unasa (1).
Les résultats concernant les médecins généralistes et qui portent sur la comparaison des années 2003 et 2004 (en population constante) montrent en effet clairement une baisse de l’activité et des recettes nettes (avant charges) de 1,3 % en 2004 par rapport à l’année précédente et surtout une chute du bénéfice et donc du revenu (avant impôt) de 5,2 %.
Ce qui n’est quand même pas rien.
On se souvient (voir « le Quotidien » du 16 septembre 2004) que les revenus des généralistes, selon des statistiques de l’Union nationale des associations de professions libérales (Unapl) et de l’Unasa, avaient progressé en 2003 de 8,4 % par rapport à 2002.
La chute est donc rude en 2004. Mais peut trouver un début d’explication dans le fait que la hausse
spectaculaire de 2003 était surtout due aux revalorisations d’honoraires (C et V à 20 euros notamment), extension du forfait pédiatrique pour le généralistes et mise en place de la consultation approfondie...) qui ont trouvé une application pleine et entière surtout au cours de l’année 2003.
Reste que ce phénomène, s’il est bien réel, ne justifie pas tout et n’explique pas complètement la chute de 2004.
Charges en hausse.
Il se confirme surtout que l’activité des médecins généralistes a été moindre l’année dernière. La commission des comptes de la Sécurité sociale le notait clairement dans son rapport de juin dernier, lorsqu’elle écrivait que les honoraires des généralistes (c’est-à-dire leur activité) avait baissé en 2004 de 0,8 %, contre une hausse de 7,2 et 8,3 % en 2002 et 2003.
Des résultats qui avaient été, dès février 2005, annoncés d’ailleurs par la Cnam (« Point de conjoncture » de février 2005).
Si cette baisse d’activité est donc bien réelle, elle a eu pour conséquence une chute conséquente du bénéficie et donc du revenu du généraliste.
L’écart important entre la baisse d’activité (- 1,3 %) et celle du bénéfice (- 5,2 % ) s’explique par le report des charges payées par le généraliste en 2004, en fonction de ses revenus 2003. Ceux-ci ayant été en forte hausse,
cette année-là, par rapport à 2002, les charges et taxes pour le généraliste ont été plus importantes. Factures qu’il a dû assumer en 2004, ce qui a bien évidemment eu des répercussions sur ses revenus 2004.
Bonne année pour les spécialistes.
Ces résultats devraient en tout état de cause créer quelques tensions au sein des généralistes. D’autant plus que, mis à part les pédiatres qui voient également leurs recettes nettes et leurs bénéfices régresser dans des
proportions non négligeables en 2004 (respectivement - 0,7 % et - 4,6 %), les autres spécialités connaissent un sort beaucoup plus enviable puisque leurs recettes sont en hausse, tout comme leur bénéfice. Voilà qui ne devraient guère arranger les relations entre les généralistes et les médecins des autres spécialités.
A noter le cas particulier du médecin remplaçant qui voit ses recettes en augmentation (+ 2,6 %), mais qui subit une baisse de revenu (- 3,9 %). Mais le poids de certaines charges dû au caractère exceptionnel de cette activité
explique également cette forte différence. Les remplaçants accusent également, comme les généralistes, le contre-coup des bons résultats qu’ils ont obtenus en 2003.
Certes le nombre important, voire la sur-représentation de médecins spécialistes en secteur II, membres des AGA, peuvent légèrement gonfler les résultats et les moyennes statistiques par rapport à la réalité de
l’ensemble de la profession ; il n’en reste pas moins que les spécialistes paraissent avoir connu une année 2004 dans l’ensemble bien meilleure que les généralistes. Même si bien évidemment tous les médecins concernés ne se
retrouveront pas à la lecture de ces statistiques.
JACQUES DEGAIN
(1) L’Union nationale des associations agréées (Unasa) est la première fédération d’associations de gestion agréées (AGA). Elle est constituée, selon ses responsables, de soixante-trois associations, regroupant 145 000
professionnels libéraux, dont la moitié de médecins et de paramédicaux.
Le pouvoir d’achat sur dix ans
L’Unasa a également fait le bilan des revenus des médecins et plus largement des professionnels libéraux sur dix ans. Ainsi, en tenant compte de l’inflation, on s’aperçoit que le pouvoir d’achat des généralistes a baissé de 1,8 % de 1995 à 2004, alors que celui des gynécologues a légèrement progressé de 0,8 % durant la même période et celui des neuro-psychiatres, de 2,6 %. S’agissant des autres professions médicales et paramédicales, on constate que le pouvoir d’achat des chirurgiens-dentistes a progressé de 11,7 % de 1995 à 2004, celui des kinésithérapeutes de 4,7 % et celui des infirmiers libéraux de 15,9 %. La plus forte progression est celle des
laboratoires d’analyses médicales qui ont connu une croissance de 57 % en dix ans. A noter parmi les autres professions que les architectes, avec une hausse de 19,5 % de leur pouvoir d’achat, et les agents d’assurance, avec
une progression de 22,5 %, ont connu une décennie intéressante.
Y : « Ainsi, en tenant compte de l’inflation, on s’aperçoit que le pouvoir d’achat des généralistes a baissé de 1,8 % de 1995 à 2004, »
et pourtant, on a jamais autant dit, pendant ces dix années, qu’il fallait revaloriser ce si beau métier.......
Z : Toutes ces choses sont réelles mais les variables possibles sont trés subtiles.
Et elles devraient nous inquiéter réellement ou tout au moins nous contraindre à la plus grande vigilance ( vigilance que l’on ne peut demander bien sur, ni à un cabrera hors du réel, un chassang vieillissant et un combier un peu délirant.. )
La démographie médicale commence à nous etre favorable et à nous protéger, mais cet aspect des choses est trés relatif en fait.
Et cela est vrai, par rapport aux astuces que l’administration peut trouver ( renouvellement OBLIGATOIRE de 3 mois pour x pathologies : que devient le problème démographique alors ? ) et face aux comportements des malades qui devenus inquiets pour le poste de leur budget de soins ( augmentation importante des mutuelles, remboursements général bien moindre, remboursements abaissés pour ceci ou cela, campagne « inquiétante » pour le MT... ) peuvent tout à fait modifier leurs comportements de consommations de soins...
L’équation à poser est simple : à partir de quelle baisse de consommation de soins et du chiffre des consultations les médecins vont souffrir ? ( et je ne parle pas de chaque médecin à titre individuel où à attendre la vox populi médicale on nage dans la pléthore : hum ! ).
Car les charges elles sont basées toujours sur l’année précédente en gros, et là cela peut faire mal.
Notre situation ne m’apparait pas si floride que cela et un peu précaire, surtout face à ces 2 variables évoquées plus haut et notamment la première où notre administration peut décider de moduler sinon nos tarifs ( mais les laisser tels que c’est déjà le faire ! ) du moins les instrumentaliser en jouant sur le rythme de ceux-ci.
Droit de vie ou de mort ?
X : le plus terrible , c’est que même un article comme çà ne sera pas récupéré par un FMF ou un MGFRANCE et que les moutons bélants que nous sommes ne réagiront pas plus .....
Quelle marge individuelle avont nous pour réagir : aucune , hormis de quitter ce métier !!!
nous pouvons toujours espérer sur la démographie des généralistes ( ce qui est rare devrait être cher ) mais, le problème est que la démographie en baisse est un symptome, et esperer qu’une maladie va guérir gràce à un symptome.... c’est pas trés classique !
X : qui va faire un emprunt pour la deuxieme année pour payer ses impots ....sans aucune augmentation de niveau de vie !
Z : Sans faire de la sinistrose je crois qu’il faut etre lucide, trés particulièrement lucide.
car les dangers sont partout avec tous les délirants qui se penchent sur notre sort !
Et quand certains d’entre nous sortent du tabou sur les revenus des médecins et l’image révée que l’on véhicule, on tombe sur toute autre chose.
Car une profession qui laisse exangue le médecin à chacun de ses réglements urssaf, qui doit emprunter pour payer les impots en autres, montre que cette profession ne fonctionne plus normalement sur le plan structurel et statutaire et qu’elle marche sur la tete !
Il y a peu de messages sur le sujet, par pudeur ou parce que l’on veut toujours faire miroiter autre chose, mais il y en a de plus en plus.
C’est pour cela que je crois qu’il faut pour la profession, pondérer absolument notre discours « classique » sur le trop de travail, le trop de clients, etc..
Car on alimente larga manu les images et les clichés véhiculés à plaisir sur notre profession.
Et ceux d’en face n’ont certes pas besoin de cela.
On ne demande pas d’en rajouter dans l’autre sens mais je crois qu’une saine responsabilisation de la profession, consisterait à pondérer ce discours et à reparler plutot des à cotés du statut social et fiscal du médecin, dont personne ne parle plus si tant est que l’on est beaucoup abordé ce sujet dans nos sphéres syndicales.
Pourtant là encore l’incitation vers ce métier ne peut réellement de manière tangible venir que de cela !
Il y a plein de choses actuellement qui sont ainsi dans notre profession.
« L’exagération » relative du retrait des médecins de la PDS ( on a eu l’impression que les médecins en rajoutaient meme mais s’agissait t-il d’un message ou d’un véritable trop plein ? ) participe indubitablement - qu’on le veuille ou non - à une certaine perte d’image de notre profession ce qui accentue le malaise « existenciel » de ceux ci...
Etc...
Commentaires ?
