Tout d’abord merci pour pour cette enquête, même si le « créneau » médico-contestataire pourrait s’avérer porteur. Effectivement ce « mal être » existe.Dans un corps médical vieilli et désabusé la passion,pourtant nécessaire,s’émousse.
Pourquoi ?
en 1° lieu du fait de la « démédicalisation » de notre exercice. -administratif(par exemple la nouvelle nomenclature CCAM inappliquable car chronophage+++) -informatisation subie et pas choisie pour beaucoup -principe de précaution appliqué larga manu génératrice de demandes de certificat pour la pétanque, la marche, l’entrée en maternelle, le yoga.... -judiciarisation anxiogène
En 2° lieu le changement de statut du médecin vécu difficilement par cette génération du Baby Boom qui est majoritaire dans la profession.La féminisation du corps médical , l’information des patients , le bas niveau du rapport rémunération/niveau d’étude+rsponsabilités par rapport aux autres professions de même cursus.
En 3° lieu la perte de confiance totale envers nos représentants et nos interlocuteurs.Faillite du syndicalisme qui n’a pas su capter les mobilisés des coordinations de 2002, politiques plus préoccupés du court terme électoral que d’une vision d’avenir, « tutelles »dont on sais bien que le comptable reste privilégié sur le médical.
La REFORME :
C’est le voeux pieux d’un charbonnier aveugle écrit par un dominicain pour un jésuite.
-L’idée d’un médecin traitant(généraliste à 99%) reconnu par des textes officiels comme pivot du système de soin, est essentielle, mais c’est mr Jourdain qui fait de la prose.C’est depuis longtemps le quotidien de l’exercice médical sauf dans certaines grandes villes.
NB : le cadre réglementé et contraignant du sytème du médecin référent n’avait séduit que peu de praticiens(le 1/3 payant dévalorisant l’acte médical auprès d’un patient, consumériste ).
Le pseudo retour d’une maîtrise médicalisée sur une logique comptable apparait très dépendante de la bonne volonté d’administratifs peu convaincus.
La division généralistes/spécialistes renforcée par l’impression que la maîtrise reposait surtout sur les 1° alors que les augmentations d’honoraires allaient aux 2°(que l’on avait peu vus lors des mouvements de 2002).
La démographie médicale(pour arrêter l’incendie des dépenses de santé on a décider d’abattre les arbres en diminuant le numerus clausus ce qui fait que maintenant le feu couve toujours mais nos campagnes n’ont plus de bois !!
Eh oui, gouverner c’est prévoir !!), la féminisation(avec un exercice moins sacerdotal et tant mieux !), les jeunes générations(plus proches des 35 heures, choix de qualité de vie), tout ceci modifie le rapport au patient et à la profession.
Une des conséquences en est la difficulté d’assurer ce que les administratifs appellent la Permanence De Soins.
Cette« obligaton » relative et spécifique en Europe à la France(sous cette forme) va devoir évoluer vers la mise en place de la Veille Médicale moins consommatrice de temps/médecins et d’argent publique et aussi performante que fiable comme ailleurs en Europe.
Par la poursuite de la mise en place d’une optimisation des moyens de l’hôpital et des libéraux. La collaboration de régulateurs libéraux dans les centres 15, l’éducation du public à la bonne utilisation du 15. En laissant la possibilité à des structures privées comme SOS de répondre à une demande non justifiée médicalement mais consumériste indéniable, non entièrement prise en charge si non régulée par le 15.
Libérés de cette contrainte d’un autre âge, les jeunes médecins reprendront le chemin des campagnes jusqu’à maintenant désertées.
Malheureusement cette REFORME cache une REVOLUTION dont certains ont perçu l’imminence.
Par cette loi sur l’obligation qu’ont les patients de s’inscrire auprès d’un médecin traitant(loi et pas obligation conventionnelle), 90% du chemin vers la CAPITATION des généralistes est parcouru.Qui empêchera les organismes payeurs ,un jour pas si lointain, d’informer par un simple courrier les assurés de la fin du paiement à l’acte chez leur médecin à qui sera versé un forfait annuel ?
Les spécialistes abusés par le mirage de la possibilité d’honoraires « libre » pour les patients hors parcours de soins commencent à réaliser que la plupart arrivent(quand le médecin traitant n’a pas déjà réglé le problème médical) avec une lettre.Voyant leurs chiffre d’honoraires baisser et les charges monter, ils seront content d’accepter pour la plupart un poste à l’hôpital actuellement déficitaire dans de nombreuses spécialités.Quelques uns, sur leur notoriété s’installeront dans des structures privées, évidemment non conventionnées.
Ce système de santé étatisé que cette REFORME annonce est celui du pays d’Europe le plus « libéral », la Grande-Bretagne, dont on connait les effets pervers pour les patients, mais c’est, pour les économistes, celui qui coûte le moins cher à la collectivité et aux ENTREPRISES !!!
En conclusion, les politiques, ceux qui veulent gouverner donc prévoir, ont du travail de réflexion, d’information et de décision...
