GENERALISTES 2002

Généralistes en colére

vendredi 29 janvier 2010

[Extrait de generalistes2005] Généralistes en colére

C. L B

La situation leur apparaît suffisamment grave pour qu´ils laissent de côté leurs « différences et leurs divergences syndicales », pour s´unir autour de la défense de la médecine générale. Et « gagner » la majorité aux prochaines élections professionnelles, au printemps prochain.

Ils ? MG France, Union généraliste (fusion de la branche généraliste de la FMF et d´Espace généraliste), l´Union collégiale et le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (Snjmg), qui ont tenu une conférence de presse commune ce matin, pour annoncer le regroupement des « généralistes en colère ». Invitées, les deux autres structures représentatives des médecins généralistes, l´Unof (Csmf) et le Syndicat des médecins libéraux (SML) ont décliné l´invitation. Ce qui est « dommage », ont reconnu tous les participants (qui affirment représenter 65 % des votes des médecins généralistes aux dernières élections aux unions régionales), tant est « préoccupante » la situation de la médecine générale et de la médecine libérale, dont les jeunes médecins se détournent massivement. Les généralistes en colère demandent « respect » et « moyens » pour attirer les jeunes vers la discipline.

« Les généralistes en ont assez, ils sont en colère », a d’emblée déclaré Claude Leicher, le nouveau président de MG France. « Ils ne supportent plus la situation qui leur est faite, la schizophrénie du discours politique, l´absence de revalorisation des actes et des forfaits ». Présentés comme les héros du premier recours, les piliers du système de soins, les médecins de terrain n´arrivent pas « à se faire respecter », alors qu´ils sont maintenant des spécialistes en médecine générale. Le mot d´ordre des quatre syndicats de médecins généralistes est clair : respect de notre diplôme, défense de notre qualification de spécialiste en médecine générale et application de la nomenclature ad hoc. A savoir, le CS à 23 euros et la MPC (majoration de coordination) à 2 euros, qui est accessible à tous les spécialistes à l´exception des médecins généralistes. « Nous demandons à la Csmf et au SML de retirer leur signature de l´avenant 19 créant la MPC en excluant la médecine générale », a insisté le Dr Leicher.

« L´avenir du système de santé est en jeu, le salariat va absorber tous les jeunes arrivant sur le marché. Le système de soins de proximité que nous connaissons va se transformer fondamentalement », devait ajouter le Dr Claude Bronner, co-président d´Union Généraliste. « Il n´y a que 9 médecins sur 100 qui choisissent l´exercice libéral ? Au-delà des médecins qui n´auront plus de correspondants, ce sont les patients qui vont en pâtir. Dans les cinq ans, 35 000 postes de salariés vont se libérer. Si on ne fait rien pour sauver la médecine générale de proximité, tous les jeunes vont y être aspirés », a insisté le Dr Jean-Paul Hamon, le deuxième co-président d´Union G.

Un mot d´ordre que les jeunes généralistes sont prêts à suivre. « On nous considère comme des spécialistes de deuxième classe, on nous refuse la cotation en CS », s´insurge le Dr Alexandre Husson, le président du Snjmg, qui a tenu à rappeler le soutien de son syndicat au principe du parcours de soins. « Nous ne voulons pas opposer les généralistes et les spécialistes. Nous voulons au contraire travailler ensemble et avec les autres professions de santé », a-t-il insisté. A l´Union collégiale présidée par le Dr Meyer Sabbah, où les troupes généralistes sont constituées de Most (médecins à orientation spécifique thérapeutique), on annonce déjà la mise en place d´une cellule d´aide pour les médecins poursuivis.

Car l´assurance maladie risque fort de ne pas rester inerte face à cette offensive tarifaire. Jusqu´à présent, elle a refusé soit de rembourser l´euro « excédentaire » au patient ou au médecin dans le cas du tiers payant. Soit la totalité du coût de l´acte. Déjà, les patients de la Fnath (Accidentés de la vie), qui siègent dans les Cpam, ont fait savoir qu´ils jugeaient « scandaleuses » les revendications des médecins et préviennent qu´ils demanderont que des poursuites soient lancées contre les guérilleros des tarifs devant les tribunaux des affaires sociales. De fait, les procédures se multiplient en France, et trois d´entre elles se sont traduites par des victoires de médecins généralistes en appel (notamment dans la Drôme et à Strasbourg).

Ces menaces laissent donc assez froids les responsables de l´union, qui veulent jouer le nombre pour rendre le mouvement inéluctable. « Le Cs pour les spécialistes en médecine générale, c´est la loi. L´Etat n´applique pas ses lois. Nous nous situons dans la légalité », rétorque notamment le Dr Leicher.

Une carte de France des « généralistes en colères » dressant l´état des lieux des procédures en cours devant les Tribunaux des affaires sociales contre des médecins généralistes qualifiés médecins spécialistes et des procédures d´appel, sera régulièrement mise à jour.


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