Le darwinisme social est l’application dévoyée à une politique économique et sociale de la doctrine de Darwin en principe réservée au monde animal. C’est l’achèvement de l’ultra-libéralisme : seul les meilleurs et les plus forts doivent prospérer et dominer les autres, ainsi en va-t-il des espèces, ainsi selon cette doctrine doit-il en être des rapports entre les hommes. Le domaine assuranciel et de la santé n’échappe pas à cette conception. La privatisation totale de l’assurance maladie est nécessaire ainsi que la marchandisation complète du secteur de la santé. En tous domaines, la loi de l’offre et de la demande doit permettre la meilleure adaptation possible. Cette doctrine tourne le dos à la solidarité, à l’esprit d’altruisme qui nous pousse à protéger les plus faibles. Ainsi faut-il éclaircir autant que faire ce peut les programmes sociaux, pour les remplacer par une prise en charge privée, et ou religieuse du social (la charité remplace la solidarité). Tout programme syndical tendant à promouvoir la liberté totale des honoraires et son découplage des remboursements s’inscrit donc dans une perspective de darwinisme social.
Le projet ultra-libéral de la FMF, même habillé des couleurs chatoyantes des coordinations, n’est pas du tout adapté à l’exercice de la médecine générale dans son contenu d’approche globale du patient quelle que soit son origine sociale. Ce projet s’inspire d’une forme de darwinisme social qui ne peut qu’être rejeté par 80 % des français, ce qui n’est pas sans rappeler des évènements politiques récents. Cela ne veut nullement dire qu’il faille accepter des pouvoirs publics des honoraires indécents, mais que la pression provoquée par la baisse de la démographie et le changement de mentalité des MG devrait suffire à conclure un accord mutuellement profitable. C’est pourquoi j’appelle à la conclusion d’un nouveau contrat social entre les MG et la nation, rendant caduque à la fois l’organisation issue de la définition de notre profession comme libérale définition datant des années 1920, et le contrat conventionnel de 1971. On le voit notre profession régie par des textes dépassés à largement besoin d’un total agiornamiento.
Michel AMAR
