Bonjour à tou(te)s,
En stigmatisant l’augmentation des recettes des médecins et plus particulièrement celles des généralistes parmi les causes du déficit abyssal de la sécurité sociale les fonctionnaires de la Cour des Comptes se sont livrés à une analyse partiale et orientée en ne pondérant pas leurs critiques par des commentaires pourtant évidents, même pour des magistrats peu au fait des rouages de l’assurance maladie.
Alors j’ai eu l’audace de m’y livrer en soulevant au passage quelques pistes de réflexion que je livre au débat :
1) Depuis combien d’années la valeur des lettres C et V n’avait pas été revalorisée ? Alors n’est-il pas malveillant de chiffrer sur une année un rattrapage de plusieurs années ? Avec au passage amalgame classique entre recettes et bénéfices : tous les médias ont relevé l’information d’une augmentation de 1 000 € par mois et par médecin généralistes ; quand est-il en fait du bénéfice réel compte tenu de l’augmentation des charges ? N’y a-t-il pas là volonté de discréditer devant l’opinion les médecins généralistes ?
Alors, n’est-il pas temps de repenser en profondeur le mode de rémunération des médecins ?
2) Avec un peu de provocation, viendrait-il à l’idée d’un citoyen, fusse-t-il magistrat à la cour des comptes, d’accuser la hausse de la rémunération des fonctionnaires pour expliquer en fin d’année le déficit de l’Etat ?
3) Les généralistes (signataires de la convention) s’étaient engagés à prescrire plus de génériques, moins d’antibiotiques et à diminuer le nombre de visites à domicile et ils ont globalement bien rempli leur engagement avec par exemple une diminution de 20% des visites à domicile ; mais l’autofinancement de la hausse de leurs honoraires paraissait bien difficile à atteindre. Mais à quelle profession est-il exigé le « deal » revalorisation de la rémunération contre gains de productivité ?
4) Pourquoi ne pas avoir également chiffré l’énorme économie réalisée par les médecins du fait de la télétransmission des feuilles de soins ? Comment la CQ a-t-elle géré le redéploiement du personnel qui assurait le traitement des feuilles de soin papier ? Pourquoi ne pas aborder les comptes de la propre assurance maladie des médecins qui sont très excédentaires que ce soit au niveau du régime général ou de la caisse des indépendants pour les praticiens exerçant en secteur 2 ? Plusieurs questions parlementaires par le passé ont abordé ce sujet.
5) On parle toujours aux français des dépenses de l’Assurance maladie mais rarement des recettes qui ont été largement amputées cette année par la crise économique et son cortège de suppressions ou de non création d’emplois à l’origine d’un lourd déficit de cotisations. La demande de soins, elle, ne ralentit pas parallèlement, bien au contraire, crise économique et chômage favorisent les pathologies psychiatriques ce qui pourrait en partie expliquer la hausse des arrêts de maladie.
Tous s’accordent pour dire que le pays est vieillissant et nous savons que la consommation médicale va s’en trouver majorée. Alors ne faudrait-il repenser le financement de la protection sociale et plus particulièrement celui de l’assurance maladie pour le rendre plus indépendant des résultats économiques du pays ?
Bon week end à tou(te)s, et amicalement, MGG
