J’ai côtoyé le système sous sa forme minière et militaire, qui m’a paru fort peu satisfaisant.
- d’un côté un abattage délirant (60 à 80 « consultations » par jour). Pour le patient : c’est gratuit, pourquoi se gêner ? Pour le médecin : j’t’en donne pour ce que tu payes, c’est-à-dire 3 minutes.
- de l’autre côté, « moins j’en fais, mieux je me porte, puisque je suis payé pareil à la fin du mois » ; autrement dit, comme je ne peux améliorer mon salaire, la seule façon d’améliorer relativement ma situation est d’en faire le moins possible. Avec plainte de la mêre à la hiérarchie, parce que le médecin refuse de se déplacer, et plainte du médecin parce que l’épouse du caporal machin appelle pour n’importe quoi. Sanctions disciplinaires à la clef. Ambiance garantie.
Mais c’était sans doute des cas particuliers ?
Gérard Barichard : « je passe sur les attaques habituelles contre le paiement à l’acte rendu responsable de tous les maux, bien que ce soit le plus ancien mode de paiement connu Disserter sur ce sujet ne sert quasiment à rien, tout le monde campant sur ses positions... »
Tout le monde campe sur ses positions, car si nous faisons le même métier, ce que nous vivons n’a vraiment rien de commun, en raison essentiellement de notre lieu d’installation, et je n’en prends conscience qu’en découvrant votre vie, au hasard de ces news groups. 25 ans à bosser sans penser que ça pouvait être autrement ailleurs !!!
Quand Philippe Foucras nous racontait son lundi pourri, il est clair que ce genre de sacerdoce justifierait d’un poste de « praticien hospitalier de ville ». Moi qui fait relativement couramment des journées de 30 ou 40 actes sans un seul tiers-payant, j’ai l’impression d’être sur une autre planète.
De même Christian qui nous raconte ses casseurs et ses 3 visites, dont
une pour rien, avec 10 minutes pour trouver une place de parking ; il
habite chez les sauvages ?
Je fais fréquemment 10 à 15 visites par jour,
en me garant à 10 m de la porte d’entrée du patient visité. De toute
façon, chez nous, il n’y a pas de feux rouges et pas d’immeuble.
Et il
déjeune au restaurant. Quelle drôle d’idée ??
Mais une chose m’a
fait tiquer : Il demande à Roger de repasser samedi !! Je réalise que
c’est une chose que je ne fais jamais, sans doute parce que ça me
gênerait d’imposer une consultation, alors que les patients me payent
plus cher que « la normale ». C’est un inconvénient du paiement à l’acte
auquel je n’avais jamais songé !
Tout ça pour dire que je ne vois que des avantages à mon secteur 2, mais je prends conscience que ce n’est vrai que pour moi, et que ce serait délirant dans la situation de Philippe ou d’autres !! Finalement les positions de chacun s’éclairent !!!
Au fait, vous avez vu ?? 600 et quelques médocs à vignette blanche, remboursés chez nous à 90% ont été transformés en 600 et quelques médocs à vignette bleue, remboursés chez nous à 90%. Autrement dit, on s’en fout complètement !!
Amicalement
Pierre Declerck
