SYNDICAT NATIONAL DES URGENTISTES LIBERAUX DE L’HOSPITALISATION PRIVEE
Communiqué de presse du SNUHP du 14 février 2006
Le SNUHP fait part de ses vives inquiétudes sur la CCAM technique et l’exercice de la Médecine d’Urgence.
En effet, la nouvelle classification technique des actes médicaux ne reconnaît aucun des actes spécifiques à la médecine d’urgence, actes relevant pourtant d’une bonne pratique professionnelle et validés par les protocoles et les consensus établis par les sociétés savantes.
Ils sont par conséquent classés hors nomenclature.
La CCAM constitue, certes, une avancée significative dans le recensement et la définition des actes techniques mais conçue selon un mode vertical elle ignore les activités transversales dont la Médecine d’Urgence est l’exemple même. Si bien que la Médecine d’Urgence n’a pas été intégrée en tant que discipline lors de l’élaboration de la CCAM (il suffit de se reporter au chapitre intitulé « médecine d’urgence » qui ne comprend que deux actes dits de « situation d’urgence » et exclusivement applicables aux médecins généralistes de ville !!!). Même les avancées techniques qui lui sont propres, apparues au cours des quinze dernières années, n’ont pas été retenues : thrombolyse réalisée aux urgences, induction à séquence rapide (anesthésie générale en urgence), anesthésie locorégionale antalgique, analgésie générale (prise en charge de la douleur), soins aux brûlés, fast échographie (échographie de bilan d’urgence), surveillance paramétrique en hospitalisation courte, prise en charge des patients lourds (états instables, détresses vitales...) et réanimation cardiorespiratoire par les médecins urgentistes...
Après un travail d’analyse de la version n°2 de la CCAM technique et un temps d’application de cette même CCAM (depuis le 15 septembre 2005), le SNUHP fait part de sa totale inquiétude quant à l’avenir de la pratique de la Médecine d’Urgence :
1) Quid des conséquences assurantielles d’actes pratiqués certes selon les règles de l’art, mais néanmoins hors nomenclatures ? 2) Quid des conséquences médico - légales d’actes pratiqués selon les règles de l’art, mais néanmoins hors nomenclatures ? 3) Quid de la tarification d’actes certes pratiqués selon les règles de l’art, mais étant « hors nomenclatures » ? 4) Quid de la reconnaissance « officielle » de ces actes spécifiques à la Médecine d’Urgence ? Comment croire à la reconnaissance de la Médecine d’Urgence comme une discipline à part entière si dès lors ses actes techniques spécifiques sont « hors nomenclature » ? 5) Comment croire à l’existence d’une véritable spécialité si dès lors elle n’existe pas dans sa composante technique ? Alors ne nous faisons pas d’illusions sur sa reconnaissance clinique (C = CS et accès au titre de consultant C2).
Le SNUHP a fait part de ses analyses à la société savante de Médecine d’Urgence, à l’ensemble des instances représentatives de la Médecine d’Urgence, ainsi qu’aux Tutelles (CNAMTS, Commission de Hiérarchisation, Ministère...) et attend une résolution rapide de ce dossier. Faute de quoi les médecins urgentistes libéraux ne sauront rester sans réagir au même titre qu’ils ont su se mobiliser pour la reconnaissance de leur garde il y a un an.
